Zoé Shepard vient de réussir son concours d’administrateur territorial et intègre le Service Relations Internationales d’une (grosse) mairie non identifiée (mais qui est dans une zone viticole et d’industrie automobile).
Elle découvre alors le fonctionnement ubuesque de la mairie, marqué par l’incompétence, la flagornerie, l’hypocrisie, le non-sens, et nous raconte dans ce pamphlet les incroyables et drôlatiques péripéties qui émaillent la mise en place d’un partenariat avec une mairie chinoise.
Le pamphlet anti-administratif n’est pas un genre nouveau, on peut même citer comme auguste référence le “Messieurs les ronds-de-cuir” de Courteline, en 1893. Zoé Shepard n’a comme ambition que de mettre à jour les références (les RTT, la badgeuse, le voyage à Pékin…) et de moquer les tics de langage du moment. Elle y arrive plus que souvent, et on sourit franchement à la lecture de certains passages.
La galerie de personnage est sympathique, même si l’aspect pamphlétaire pousse à une vision manichéenne (les mauvais chefs / les collègues abrutis) qui gagne en profondeur pour les rares personnages un peu travaillés (le Boss, le Bizut).
En clair, peu d’ambitions littéraires, mais on passe un bon moment, idéal pour un voyage en train de 2 ou 3h!
A noter aussi, pour en pleurer ou pour en rire, que la “vraie” Zoe Shepard, alias Aurélie Boullet, a été suite à ce livre sanctionnée de 10 mois de suspension (dont 6 avec sursis) par son employeur, le Conseil Régional d’Aquitaine. On comprend qu’il ait rit jaune, mais ça ressemble fort à une atteinte à la liberté d’expression…

Laisser un commentaire