16 avril 1964

Commencé à lire Proust à haute voix, pour le révéler à T. Emerveillement partagé. Plus grand peut-être encore chez moi qui savoure ces retrouvailles. Très vite, on adopte sa logique. Dans la rue, je me surprends à vivre des réminiscences proustiennes. On y devient plus sensible en le lisant. Des petits faits qui m’auraient échappé « en temps normal » brusquement me frappent, m’éblouissent de leur évidence et de leur richesse. Contagion qui ressemble à un état de grâce. Ou plutôt le contraire.


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