On avait bien compris que, de la même manière que Drive n’était pas un “Fast and Furious like” movie, Springbreakers ne serait pas un film de “faire la fête sur la plage”. Mais pour être honnête on ne s’attendait pas non plus à ce qu’Harmony Korine aille aussi loin dans l’expérimental avec un tel sujet et des tels acteurs (et surtout actrices). C’est pourtant le chemin qu’il emprunte, avec notamment une belle 2ème partie du film qui vire au trip onirique, un peu halluciné, assez symbolique, qui tient plus de l’alignement de séquences chocs ou tout bonnement belles (le braquage avec les filles en cagoule rose…) que d’un récit rigoureux et maîtrisé. Le lien avec la musique est particulièrement réussi, et les boucles électroniques qu’il utilise reflètent bien l’état d’esprit et le mode de vie des protagonistes.
Les acteurs sont bien dirigés; les Disney girls tout à fait crédibles dans leur partition de lente dérive, Selena Gomez réussit à rendre attachante son personnage de sainte nitouche croyante et fêtarde en même temps. James Franco, malgré des premières minutes qui font craindre le pire (wesh yo man, dents en métal), incarne finalement avec conviction un bizarre white gangsta peu sûr de lui et irréaliste.
En résumé, loin du film de bimbos, Korine nous livre un superbe objet cinématographique, à l’interprétation sans reproche, dont on peut juste regretter la perte de rythme et une certaine tendance à tourner en rond dans la 2ème partie.
Pour un compte-rendu plus détaillé et plus profond que le mien, excellente critique de Matthieu Grambert sur les pages culture de Rue89 Strasbourg : http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2013/03/08/blogs/spring-breakers-excursion-experimentale-dharmony-korine-dans-les-codes-populaires/
On verra aussi dans le bon résumé de CinéObs que les avis des critiques sont très divers et très tranchés sur le film : http://cinema.nouvelobs.com/articles/24229-critiques-spring-breakers-divise-la-presse-parisienne

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