Le relaunch “Marvel Now” est aussi l’occasion de relancer des séries qui n’avaient pas encore atteint leur numéro 30, comme Secret Avengers. De quoi s’agit-il à la base ? De mixer quelques personnages emblématiques des Avengers avec une intrigue plutôt thriller / espionnage, on dirait en V.O “black ops”. Pourquoi pas, ça aère un peu le sujet super-héroïque, ça donne un cadre de genre qui peut être plaisant, et autorise une noirceur pas toujours bienvenue ni habituelle dans des titres plus classiques. C’est Nick Spencer au stylo.
Le pitch de cette série consiste aussi dans l’ajout d’un élément supplémentaire : les missions sont tellement secrètes (voire inavouables ?) que les protagonistes eux-mêmes ne s’en souviendront pas, par les vertus d’un implant mémoriel développé par le Shield.
Si à première vue ce nouveau “Mc Muffin” paraît un peu abscons, on comprend tout de suite mieux par la chute du #1 de quoi il peut s’agir : non seulement l’implant efface des souvenirs, mais permet aussi de les modifier; et donc bien des agissements limite voire franchement hors jeu sont envisageables…
Cela pose aussi de nombreuses questions autour de la moralité de l’action, de la manipulation psychologique, du rôle du Shield par rapport aux héros. Honnêtement, c’est bien trouvé.
Les numéros #2 et #3 développent donc le “recrutement” du vilain Taskmaster dans l’équipe (voilà qui ne va pas améliorer le niveau de moralité moyen de la série !), et donc on découvre à la fin du numéro qu’il est là pour infiltrer l’AIM, à moins que ce ne soit encore autre chose…
Aux dessins, Luke Ross (encré par Matthew Wilson) est tout à fait dans le cahier des charges espionnage / noirceur / dynamisme, avec il faut le dire une certaine réussite, même si on peut aussi trouver ses décors sommaires, et ses visages plutôt inexpressifs.
Au global, c’est typiquement une série qu’on pourrait suivre en VF : plutôt sympa, bien écrite, pas mal dessinée; mais pas non plus inoubliable, pas du tout centrale à l’univers Marvel, et surtout manquants de personnages vraiment originaux ou suffisamment attachants pour que la série ne soit pas la victime d’arbitrages face à de biens meilleurs concurrents sur le marché…



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