Film de kung-fu ultra stylisé, film historique par le prisme d’un kung-fu politque, mise en abyme du kung-fu dans un film de kung-fu, film d’action, film noir, drame familial…On pouvait compter sur Wong Kar Wai pour ne pas nous livrer dans son dernier opus un “banal” film d’action, on est servi.
Et pourtant tout commence par une magnifique scène de combat, sous une pluie battante, avec des protagonistes dont on ne sait rien, et on est tout de suite pris par la beauté des gestes, de la mise en scène et des décors.
De manière générale, l’art de WKW reste impressionnant. On se souviendra notamment des scènes dans un bordel, ou d’une saisissante séquence de funérailles dans la neige, belle à couper le souffle. WKW arrive aussi à magnifier une scène de combat sur un quai de gare sur fond de train en marche de manière mémorable.
Certes, les travers (connus) de WKW restent bien présents : le scénario est rempli d’ellipses, de zones d’ombres, si bien qu’il faut un temps assez long (la totalité du film diront certaines) pour comprendre qui est qui et pourquoi il agit ainsi. Il y a même un personnage (la Lame) dont je me demande encore ce qu’il faisait là…Autant dire que WKW a dû retravailler 100 fois son film au montage et qu’il pourrait être prêt à nous livrer 10 autres versions!
Il y a aussi quelques longueurs, les optimistes diraient langueurs, dont il aurait pu faire l’économie.
Enfin, si les personnages ont une vraie consistance, il est parfois difficile de suivre leurs motivations familiales, d’honneur ou autre considération qui m’échappe, et par là même l’identification aux héros n’est pas toujours facile.
Au global, WKW nous livre donc un film consistant, magnifique, relativement structuré, historique et référencé, peut-être un peu trop d’ailleurs.

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