Uncanny X-Men HC 1 – Revolution, Bendis / Bachalo / Irving

Si Bendis avait surpris avec le pitch improbable mais finalement concluant de All-New X-Men, la tâche était plus ardue pour Uncanny X-Men, à la fois titre phare de la franchise, et titre créativement à la dérive, et ce malgré un relaunch datant d’il y a moins de 3 ans.

Dans l’architecture de Marvel Now, Uncanny c’est le titre des mutants de Scott, qui défend la mutanité, prône une révolution pro-mutante et ne veut se laisser dicter sa conduite par personne, pas même les Avengers. Et il est plutôt accompagné de sacrés bad-asses pour le faire : Emma Frost, Magneto, Magik; c’est peu mais c’est du lourd. Pour agrémenter le tout, Bendis le dote dès le 1er numéro de « nouveaux » mutants : Tempus, Triage, et aussi certains qui n’ont même pas eu le temps de recevoir de (ridicules) noms de baptêmes : Benjamin Deeds, Fabio.

Pour le dire rapidement, je suis entré dans l’histoire et j’ai aimé ce que Bendis nous a proposé dans cette série. Contrairement à sa réputation de délayeur, il nous livre ici dans les 5 premiers numéros une introduction de l’équipe, une confrontation avec les Avengers, une rencontre avec les « autres » X-Men (ceux de Wolverine et les All-new), une trahison, des sentinelles, le Shield aux trousses, un voyage dans les limbes, une séquence intime entre Emma et Scott, des jeunots qui découvrent leur pouvoir, des anciens qui ont du mal avec les leurs, des nouvelles recrues transfuges de chez Wolverine; et quelques belles séquences où Scott tient pleinement son rôle politique. Disons que c’est dans ce volume que Scott explique le mieux en quoi il ne se sent pas vraiment responsable de la mort de Xavier et que c’est assez convaincant. Cyclops was right!
On pourrait résumer en disant que c’est la revue « politique » de la franchise X, là où All New joue plutôt sur l’histoire et la psychologie, et X-Men tente un pitch sur les femmes dont je ne vois pas trop l’intérêt…

Aux dessins, Bachalo est d’abord surprenant (n’est-il pas plutôt attitré à Wolverine & the X-Men?), mais finalement très convaincant; il livre en particulier de nouvelles versions graphiques de l’équipe, dont Cyclops en particulier, qui sont très réussies. Si quelques cases laissent parfois à désirer, dans l’ensemble le niveau graphique est très bon. Frazer Irving sur le #5 est lui beaucoup plus douteux, je n’ai pas apprécié son trait, ses visages, sa construction; j’espère que son apparition n’est qu’un fill-in.

Les bonus sont assez faibles : uniquement les variant covers.

Au global, le concept de la série se tient tout à fait au bout de 5 épisodes et on a franchement envie de lire la suite; la lecture en parallèle avec l’autre série X de Bendis, « All New », est plus que recommandée.


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