Les sollicitations de Previews sont parfois ainsi faites, qu’on ne sait pas vraiment de quoi la série sera faite (ce système de preorder est d’ailleurs assez extraordinaire quand on y pense, il faut se documenter pour réserver des séries qui sortiront 2 mois après…), on y projette beaucoup d’affects, et quand finalement les numéros arrivent, on n’a pas toujours ce à quoi on s’attendait.
Ainsi, de la série Sex chez Image, j’avais cru comprendre qu’il s’agirait d’une série adulte (…), du genre aventures super-héroïques, mais où la vie privée du héros ne se résumerait pas à un chaste baiser mais à de vraies relations sexuelles. Le pitch pouvait avoir de quoi intéresser.
Malheureusement, la réalisation n’est pas à la hauteur de la promesse – si tant est que la promesse ait effectivement été celle-ci. Car c’est tout bonnement la réalisation, l’exécution qui pêche
En effet, au bout de 5 numéros, on ne sait toujours pas vraiment de quoi il s’agit, l’intrigue avance très mollement, les personnages sont peu installés ou alors répétitifs, quelques morceaux du passé ont été dévoilés mais finalement si peu et après plus de 100 pages ça commence à faire long. Concernant le côté « adulte », on a certes eu droit à une scène explicite et une suggestive, ainsi qu’à des passages dans des bars de « charme », mais c’est à peu près tout, et surtout ça ne fait pas progresser d’un iota l’histoire ou les personnages.
Plus profondément, je reproche à Joe Casey une certaine roublardise; il lance un titre intitulé « Sex », s’en vante abondamment dans les pages rédactionnelles voire se drape dans cette caution pour bien signaler que c’est une histoire adulte; mais concrètement il ne délivre pas une histoire solide et correspondant au thème vendu. De plus, des couvertures comme celle du #5 (« He’s got an itch he just can’t scratch ») joue encore plus sur le côté possiblement graveleux de la série, ce qui accentue le malaise. Alors que la couverture du #4 est, elle, juste indigente…
Enfin, le trait de Piotr Kowalski aux dessins ne m’a pas convaincu du tout. Les personnages sont stéréotypés; l’ambiance de la ville n’est pas si bien rendue que ça; la composition des pages est relativement banale; pour tout dire l’ensemble fait un peu daté. La colorisation n’est pas des plus agréables à regarder; mais peut correspondre aux ambiances nocturnes et glauques recherchées; alors pourquoi pas.
Sur le web, la critique de Ed Allen dans Comics Bastard résume assez bien la déception et l’ajustement à de nouvelles attentes qu’il a connu en suivant cette série : http://comicbastards.com/review-sex-5/.
Quelques remarques à la fois originales et comiques sur Sex comme série venant des années 80 sur Comics Alliance : http://comicsalliance.com/sex-joe-casey-piotr-kowalski-review-image/




Laisser un commentaire