Mes fidèles lecteurs l’auront remarqué, j’avais particulièrement apprécié la dernière mini-série de Bryan Hitch, America’s got Powers, avec Jonathan Ross au scénario.(mes critiques du numéro 2, numéro 3, numéro 5 et bilan final du numéro 7)
L’annonce du pitch de ce « Real Heroes » m’a donc bien sûr attiré, ces acteurs d’un film de super-héros qui deviennent eux-mêmes super-héros dans une dimension parallèle. C’est malin, fun, et ça a le potentiel pour de nombreux développements intéressants sur la société de spectacle, sur le courage, sur le rôle d’acteur et je ne sais quoi d’autre, le tout dans une mini-série de 4 titres.
Malheureusement les meilleurs pitchs ne font pas toujours des bons comics, et ce Real Heroes patauge lamentablement au bout de 3 épisodes. En cause, tout d’abord, une caractérisation des personnages bien faiblarde; ils restent au niveau de simples clichés, peu travaillés, avec un manque complet de détails vivants; si bien qu’on ne s’y attache pas du tout.
En 2ème lieu, comme le dit judicieusement Edward dans sa chronique sur Unleash the Fanboy, « un titre qui commente ouvertement le genre « superhéros » doit s’assurer de ne pas le devenir lui-même ». On est loin d’être convaincu qu’il y arrive ici.
De plus, la gestion du récit et du rythme est également à revoir, c’est soit beaucoup trop lent, soit beaucoup trop rapide; et la compréhension des ressorts psychologiques de l’histoire plus que confuse.
Les dessins de Hitch eux-mêmes, qui sont normalement une valeur sûre, paraissent ici un peu plus brouillon qu’à l’habitude, comme si lui-même n’y croyait pas trop mais qu’il fallait honorer la commande ou le contrat signé. Le couverture du numéro 3 parle pour elle-même je crois :
Car ce qu’on voit là, c’est tout simplement que Hitch est bien meilleur dessinateur que scénariste. La prochaine fois, il vaudra mieux qu’il partage les royalties avec un vrai auteur…




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