25 ans après, je relis The Economist…

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C’était à l’origine, il y a bien 25 ans, une lecture chaudement recommandée par un professeur d’anglais, doublée de la curiosité pour un point de vue anglo-saxon et cet étrange chose qu’on appelle libéralisme, et un intérêt pour les affaires internationales et les actualités business dont on parlait alors assez rarement dans la presse française…Oui, la lecture de The Economist a bercé mes années étudiantes. Et puis tout passe, tout lasse, le temps de lecture diminue parfois, d’autres propositions étaient plus attractives, j’ai arrêté de le lire après quelques années, n’y retournant que ponctuellement, en particulier pour les formidables doubles numéros de Noël, à l’incroyable variété des centres d’intérêt et à la fantaisie rigoureuse toute anglo-saxonne…

Depuis quelques semaines, à nouveau chaque samedi The Economist arrive dans ma boîte aux lettres. Lassitude de la presse française, lassitude de son journalisme de connivence, marre de lire tout le temps les mêmes choses, fatigué de lire les petites phrases et leurs commentaires, j’avais envie de faire un pas de côté dans mes lectures; bref je me suis réabonné. Et j’en suis ravi.

 

Vladimir Poutine en couverture
Vladimir Poutine en couverture

J’ai retrouvé avec plaisir ces unes si réussies, parfait exemple du bon dessin qui vaut mieux qu’un long discours. J’ai retrouvé ce point de vue libéral anglo saxon si typique, parfois parfaitement exaspérant, parfois très lumineux, parfois étrangement tourné, parfois caricatural, mais toujours parfaitement informé, brillamment structuré, et qui ne laisse jamais indifférent.

J’ai retrouvé, à mon grand étonnement une maquette et des rubriques qui n’avaient quasiment pas changés depuis 25 ans : les éditos, l’Angleterre, l’Europe, l’Amérique, le reste du monde, le Business, la Finance, Sciences et Technologies, et Livres et arts (on ne dit pas « culture » dans The Economist…). La même typographie, austère et élégante à la fois. La même (non) couleur. « Trop de couleur distrait le spectateur », comme le disaient Les Inrockuptibles première époque. J’ai redécouvert cette politique stricte et si peu française d’anonymat des journalistes, aucun papier du journal n’est signé, sauf – et ça tombait ma première semaine de lecture – l’édito de départ du rédacteur en chef, qui partait après 8 ans de bons et loyaux service.

J’ai aussi et surtout, plaisir coupable, retrouvé cette langue magnifique, cet anglais nuancé, au vocabulaire riche, aux formules si frappantes et si idiomatiques. Oui, trouver dans un seul article pris au hasard l’adverbe « churlishly » (ça veut dire bourru, et c’est tellement anglais qu’une amie américaine ne connaissait même pas l’adjectif…) ou l’expression « to kick the can down the road » (quelque chose comme « reculer pour mieux sauter » ?), pour ceux qui aiment et apprécient l’anglais, c’est précieux.

Bref, c’est parti pour une année de lecture so british !

The World in 2015
The World in 2015

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