The Massive, c’est l’histoire d’une ONG environnementale dans un monde très durement marqué par une succession de désastres climatiques, dite « The Crash ». Depuis le début, cette série impressionne par sa cohérence, la force de son pitch, le cast des personnages marquants, et les messages qu’elle arrive à faire passer. J’en avais déjà parlé là et là au démarrage, puis un peu plus en détail.
Dans ce run des 10 derniers numéros de la série, Brian Wood confirme tout le bien qu’on en pensait, et livre une fin puissante et émouvante.
Dans l’arc « Bloc », il revient sur le passé mercenaire de Callum et Mag, et, au travers d’un affrontement avec la figure négative d’Arcady, presque leur double négatif, leur permet de tirer un trait sur cette période de leur vie qui n’a plus vraiment de sens quand le monde est lui-même devenu violent et fou.
Dans l’arc « Sahara », l’idée étonnante et magnifique d’un convoi d’eau dans le désert nous permet de revenir plus en détail sur la personnalité de Mary, dont on se rend compte qu’elle dépasse largement ce qu’on en connaissait; une belle histoire de femmes, de pouvoir, avec un rendu graphique remarquable de Danijel Zezelj qui rend ce voyage inoubliable. La couverture du #22 est en particulier incontournable.
Enfin, dans l’arc final « Ragnarok », le bien nommé, Wood tient ses promesses et dénoue à la fois toutes les intrigues de sa saga, en donnant un sens bien précis à cette histoire et en s’attachant comme toujours aux personnages. Sans dévoiler toute l’histoire, cette fois le « Crash » environnemental dans lequel la série se déroule depuis le début passe au stade supérieur, et Wood arrive à rendre très crédible le scénario d’une Terre qui se venge et qui pourrait très facilement se passer des humains…Mais ce n’est pas le récit d’une apocalypse, c’est aussi bien sûr le récit d’un survie et d’une renaissance. Ajoutons à cela le retour de The Massive, le bateau qu’on recherchait depuis le 1er épisode, et malgré tout des pages magnifiques de sérénité dans le #30 final, bel épilogue à une série de grande qualité.
Une série qui montre bien l’incroyable vitalité des comics US, bien loin de se cantonner aux super-héros, ils abordent sans aucun complexe et avec une grande liberté de ton des thèmes très variés, sans rien renier de la qualité des dessins ou du travail de construction des scénarios, des personnsages, des dialogues. On notera aussi que le « système » comics permet de sortir en 2 ans et demi ces 660 pages, qui dans le système « franco belge » aurait nécessité peut-être 10 ans de labeur à un auteur…Ca n’est en rien un gage de qualité, mais cela permet sans doute de coller bien plus à l’air du temps, d’écrire des histoires en prise directe avec nos vies.
On lira aussi avec intérêt l’avis de Chase Magnett sur la série dans Comicbook.com.





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