Un souvenir de Luc Bondy, « L’heure où nous ne savions rien l’un de l’autre »

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C’est à Luc Bondy que je dois une de mes expériences théâtrales les plus marquantes, de celles dont on se souvient plus de 20 ans après, de celles qui m’ont fait comprendre tout ce dont le théâtre était capable…

C’était il y a un peu plus de 20 ans, en 1994, à Berlin, et Luc Bondy mettait en scène à la Schaubühne « L’heure où nous ne savions rien l’un de l’autre », de Peter Handke.

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la mise en scène de « L’heure où nous ne savions rien l’un de l’autre » de Luc Bondy pour le Festival d’Automne à Paris en 2014

La particularité de cette pièce : elle est entièrement silencieuse. Les acteurs vont, viennent, agissent, bougent, repartent, parfois quelques onomatopées; mais pendant toute la pièce aucun mot n’est prononcé. J’étais attiré par le tour de force, mais avais peur que le tout soit un peu long et ennuyeux.

Bien au contraire, cette pièce m’a captivé d’un bout à l’autre, j’étais comme hypnotisé par une sorte de performance géante, originale, toujours renouvelée, sensible, drôle; un moment magique, hors du temps.

Il faut bien reconnaître que dans les 20 années suivantes, rares ont été les moments de théâtre aussi intenses que j’ai pu vivre.

Aujourd’hui Luc Bondy vient de nous quitter, je ne peux que lui dire merci pour ce moment de théâtre rare et unique.


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