New Avengers, Other Worlds / A Perfect World : du typique des scénarios de Jonathan Hickman

Alors qu’il quitte Marvel aujourd’hui avec la conclusion de l’event « Secret Wars » qui chamboule complètement l’univers Marvel, c’est peut-être l’occasion de revenir sur l’art de Jonathan Hickman, scénariste star des comics, comme dans ces 2 recueils de « New Avengers », qui datent de 2014 et se situent juste après un autre événement que j’avais aussi chroniqué, « Infinity« .

La série New Avengers est centrée autour d’un groupe, les Illuminati, une sorte de club secrets des héros les plus puissants de la planète, avec bien sûr Reed Richards des 4 Fantastiques, Iron Man, Beast des X-Men, Doctor Strange redevenu Sorcier Suprême, Black Panther dépossédé de son royaume de Wakanda, Hulk / Bruce Banner, Namor l’ex prince d’Atlantis, et Black Bolt des Inhumans.
Ce club très sélect se réunit secrètement car ils ont détecté qu’un danger fatal menaçait la Terre, celui de la collision avec d’autres mondes et univers parallèles, qui pourrait entraîner sa destruction.

Hickman se caractérise par ce type d’intrigues au long cours, qui nécessite des dizaines de numéros pour se développer, se ramifier, s’entrecroiser; selon la manière dont on voit les choses, il fait monter en puissance le récit, ou il le délaye inutilement…

Une superbe couverture de Simone Bianchi, avec cet aspect « marbré » des personnages très réussi

Très préoccupé des personnages, Jonathan Hickman est aussi, de mon point de vue, inutilement bavard et ses planches typiques sont surchargées de dialogue souvent oiseux, ou parfois presque ridicules, comme Doctor Strange cherchant à vendre son âme au marché…Mais s’il fait beaucoup parler ses personnages, il reste à mon avis trop souvent théorique et abstrait, et on a bien du mal à s’attacher à ces figures qui dissertent à longueur de numéro sur les devoirs d’un roi, la responsabilité, le bien, le mal…
L’action est présente, mais presque comme un prétexte car il faut bien faire « comics », c’est ce qui y mène et ce qui en sort sur lequel il s’attarde beaucoup.
Cependant, il faut aussi lui reconnaître que, certes longues et lentes, ses intrigues sont bien ficelées, qu’il arrive à assembler de nombreux morceaux qui semblaient épars et en faire un ensemble impressionnant et cohérent. Il n’a pas non plus aussi peur de créer, pour quelques numéros, de toute pièce une équipe de héros d’un monde alternatif, à laquelle il réussit à nous attacher de manière plutôt réussie…

De même, la lenteur et le détail des discussions ont aussi le mérite que les points qui passionnent Hickman, en l’occurrence ici la responsabilité morale, la culpabilité, le lien entre devoir et moralité, sont étudiés en détail et s’inscrivent parfaitement dans les héros, leurs doutes, leurs actions.

Côté dessin, s’agissant d’une série phare de Marvel, l’éditeur a fait ce qu’il fallait, en mettant des plumes averties à la disposition du scénariste. Si j’ai une nette préférence pour le style précis et très travaillé, presque peint, de Simone Bianchi, le travail de Rags Morales, Valerio Schiti ou Kev Walker sur les numéros suivants est aussi satisfaisant. Pas génial non plus, mais plus qu’honorable.

Au global, les fans d’Hickman, des Avengers, des sagas cosmiques et des débats moraux trouveront plus que leur compte dans ces 2 tomes; ceux qui suivent les séries Marvel les liront sans déplaisir; les autres peuvent passer leur chemin et notamment trouver que les séries « creator owned » de Hickman chez d’autres éditeurs sont bien plus stimulantes et réussies, comme Secret, East of West ou Manhattan Projects (là et là)…


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