Suiciders, de Lee Bermejo : graphiquement éblouissant !

A vrai dire, on avait peu de doute sur la qualité du produit quand Vertigo, la branche indépendante de DC, avait annoncé la série « Suiciders » de Lee Bermejo. Et on avait eu raison.

Lee Bermejo, c’est cette sorte de franc tireur des comics, dessinateur ultra doué, au stylé léché et apprécié, donc très recherché par les éditeurs, et qui sort presque uniquement des graphic novels d’exception sur des personnages majeurs. Excusez du peu sur ces dernières années : le Batman Noël, le Joker, le Rorschach des Before Watchmen…

Alors quand il a été annoncé qu’il lançait sa propre série, Suiciders, on s’attendait à du lourd et on l’a ici. Un futur incertain où Los Angeles est séparé en 2 entre un New Angeles réservé aux riches et un L.A où les pauvres s’entassent et meurent. Et dans ce New Angeles, des sortes de combats de gladiateurs modernes voient s’affronter jusqu’à la mort des combattants impitoyables. Le plus redouté d’entre eux s’appelle Le Saint; mais on se rend vite compte qu’il n’est pas seul, qu’il est manipulé et qu’il pourrait avoir à faire à une nouvelle concurrence…

Si la trame scénaristique est assez classique et, avouons-le, pas d’une originalité renversante, l’histoire est néanmoins bien menée, une réelle attention est accordée à la description et à la psychologie des personnages même secondaires; et la construction d’un univers finalement assez crédible et réussie. La diversité des thèmes abordés fait plaisir à voir, de la chirurgie esthétique à l’accomplissement de soi en passant par l’éducation et l’empreinte du rôle des parents…

Mais ce qui emporte vraiment le morceau, ce sont les dessins de Bermejo. Son style, assez unique, presque maniériste, très travaillé et puissant à la fois, est un régal pour les yeux. On tombe en arrêt devant certaines pages; certaines vignettes, notamment de visages féminins, sont extraordinaires. Ses scènes de combat sont d’anthologie; la représentation des corps tatoués d’un réalisme bluffant; bref graphiquement c’est un enchantement du début à la fin ou presque, sans oublier le rôle de la très réussie colorisation de Matt Hollingsworth.

On attend donc impatiemment la suite de ce Suiciders éblouissant…

Ailleurs sur le net : DC Planet a aussi beaucoup apprécie


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