Wonder Woman, déesse de la guerre : quelle déception !

Ce qu’il y a de bien avec les personnages de comics, c’est
qu’ils n’appartiennent finalement à personne, et que les éditeurs, depuis près
de 75 ans (eh oui, déjà…), en confient les clés aux créateurs du moment, chacun
y apposant sa patte, sa vision, essayant de nouvelles pistes, revenant parfois
sur des « acquis » précédents. Et cela donne parfois des choses
formidables, comme le run précédent de Wonder Woman, de Brian Azzarello et
Cliff Chiang, qui y ont consacré quand même 3 ans de leur vie, et qui pendant
37 numéros nous ont émerveillés (voir ma chronique finale émerveillé)
Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et à partir du
numéro 38, c’est le couple Meredith Finch (au scénario) et David Finch (au
dessin) qui ont repris les destinées de l’Amazone. C’est peu dire qu’on n’est
pas sur le même niveau, et que ce premier arc, « Insurrection »
souffre bigrement de la comparaison.
Il y a pourtant de bonnes choses là dedans : le trait
fin de Finch a de l’élégance et du dynamisme ; certains thèmes abordés
sont prometteurs (qu’est-ce que cela veut dire VRAIMENT d’être devenue déesse
de la guerre.. ? Comment peut-on partager son temps entre la Justice
League, la déesse de la Guerre, la relation sentimentale avec Superman et la
régence de Paradise Island, l’île des Amazones.. ?).
Malheureusement, tout cela reste au stade des bonnes
intentions, et cet arc est dans l’ensemble d’un niveau très moyen. Finch
dessine une WonderWoman bimbo, qui a l’air d’avoir à peine 20 ans, dans des
poses qu’on verrait plus sur un calendrier Pirelli (reproche cependant assez
courant dans l’histoire de WW…), et visuellement n’apporte pas vraiment
grand-chose au sujet.
Côté scénario, c’est encore pire ; des pages de combat
sans aucun intérêt (cf. l’inutile baston sur 4 pages avec Swamp Thing qu’on
règle en 2 bulles de dialogues), une approche psychologique des personnages
d’un simplisme stupéfiant (Wonder Woman n’est pas là ? Alors les Amazones
se révoltent !), des méchants sans charisme et sans relief ; et
globalement une intrigue convenue, inintéressante, qui ne fait que survoler son
sujet et ne s’appuie sur rien de solide, pour terminer dans une conclusion
moralisatrice et ultra attendue.

Autant dire que je laisse tomber le reste du run des Finch,
pour attendre la sortie en VF de la « nouvelle » Wonder Woman, sous
la houlette de Greg Rucka, qui paraît bien plus prometteuse !

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