J’ai presque cru que je n’avais pas écouté assez d’albums en 2018 pour pouvoir en sortir un top. A cause d’un abonnement Netflix trop consommateur de temps, de l’écoute de podcasts au lieu d’albums, et peut-être aussi avouons-le de l’usure du format albums, et d’une production musicale à laquelle je suis moins sensible. Et puis, en fouillant bien, en se limitant à 5, on arrive quand même à quelque chose qui se tient.
Robyn / Honey
Cet album était devenu une légende de la pop, une arlésienne, qu’on attendait depuis des années. Et les arlésiennes sont rarement convaincantes. Eh bien, une fois n’est pas coutume, « Honey » méritait bien les 8 années d’attente, et confirme vraiment le statut à part de Robyn. Evidemment, les singles sortis en éclaireur, Missing U en premier lieu, étaient plus que prometteurs , ou encore le très touchant « Honey ». Mais ce qui frappe le plus, c’est que la quasi totalité des titres sont réussis, sensibles, originaux, et on se reprend vite à écouter et ré-écouter ce qui est très loin d’un simple album de dance. Une vraie réussite.
Franz Ferdinand / Always Ascending
Il y a des groupes qu’on suit depuis longtemps et qui ne nous ont jamais vraiment déçu. Alex Kapranos et ses acolytes ne sont plus vraiment des jeunes premiers, ils ne sont plus si bankables (on a de la peine à les retrouver dans les classements des meilleurs albums 2018), la sortie de l’album en début d’année a été poliment accueillie par les medias qui les suivent plus par fidélité que par réel enthousiasme, sur le thème « Franz Ferdinand met un peu ses guitares de côté et s’essaie aux synthés ». Mais quel essai ! J’ai été emballé par l’enchaînement des 4 premières chansons Always Ascending / Lazy Boy / Paper Cages / Finally, on les reprend en choeur avec un réel plaisir, on découvre en fin d’album des pépites comme Feel the love go, et comme cadeau de Noël les FF nous ont même livré un remix fort plaisant de Glimpse of love. Il y a des groupes qu’on suit depuis longtemps et dont on a aimé tous les albums, et ce 5ème album des FF est clairement un de nos favoris de l’année.
Eddy de Pretto / Cure
Combien y a-t-il d’albums dont je connaissais la date de sortie et que j’attendais vraiment avec impatience cette année (en 2018, cela voulait dire « télécharger dès le premier jour l’album sur mon appli de streaming musical ») ? Fort peu à vrai dire, mais il y avait au moins cette « Cure » d’Eddy de Pretto. On avait usé l’EP « Kid » jusqu’à la corde, chantonné trop souvent la ritournelle de « Kid », apprécié l’impressionnante montée en puissance de « Beaulieue », et la « Fête de trop » avait même trouvé son chemin sur des radios mainstream. Le mix texte littéraire / diction étrange / flow et instru hip hop est toujours aussi efficace sur les titres de l’album. Eddy de Pretto n’a pas peur de l’emphase et en fait parfois clairement trop (« Rue de Moscou », déjà cliché de son propre style), mais il y a aussi de belles réussites comme « Desmurs », ou l’entêtant et magistral « Mamere ».
Cerise sur le gâteau, on a pu le voir en concert à Roubaix quelques jours après la sortie de l’album, dans une Condition Publique acquise à sa cause et où on a pu constater qu’il avait déjà une belle prestation scénique, avec une bonne maîtrise de son show et de son public. Un talent à suivre dans les années à venir assurément.
Clara Luciani / Ste Victoire
C’est un peu un album sorti de nulle part, on n’avait pas vraiment suivi le groupe « La Femme », et on se pince à la première écoute de l’enchaînement de titres forts que Clara Luciani arrive à produire dans ce « Sainte Victoire ». « La Grenade » est inconstestablement une des toutes meilleures chansons françaises de l’année, « La Baie » est du pur Metronomy en français, et, plus surprenant encore, les chansons plus dépouillées en voix guitare sèche sont parfaitement convaincantes.
REM – Live at the BBC
Je n’avais pas forcément pensé à cet album dans mon top, et c’est le relevé des écoutes de mon appli de streaming qui m’a révélé que c’était un de mes hits de l’année. Et je me souviens en effet que, dans les jours qui ont suivi la sortie de cette compilation d’enregistrement live de REM, je n’ai plus écouté que ça, rétrospective de leur carrière, du petit groupe de rock alternatif d’Athens, Georgia; au groupe de stadium rock improbable, à la fois une machine à tubes imparables et incompréhensibles (pas forcément les plus intéressants ni les plus repris ici), et orfèvres en bijoux pop, folk, rock dont on redécouvre l’ampleur de la production et du talent. J’ai surtout apprécié la qualité constante de la production, qui fait que même 30 ans après, tout sonne juste et frais. Un vrai repère de notre époque.
Laisser un commentaire