in Les Inrocks, n° 1222 du 30 avril 19, pages 10 à 19
Tweets nocturnes
« Je tweetais souvent la nuit, après avoir bu plusieurs verres, pour moi ce n’était pas très profond et ça me semblait éphémère. L’idée d’être un provocateur ne me semble pas très intéressante. La grande majorité de mes tweets étaient des opinions sur un film, une chanson, des blagues au sujet de American Psycho 2, des choses assez légères ».

Donald Trump
« Tous les mecs que je connaissais à Wall Street aspiraient à devenir Donald Trump. J’ai trouvé marrant de faire de Trump la figure paternelle que Patrick Bateman n’a pas – car il n’a pas de père. Je trouvais hilarant de parsemer le texte de constantes références à Trump. Et la dernière référence devient plus sombre car Bateman regarde la Trump Tower au moment où il perd la tête, et il se tient devant, levant les yeux vers la façade dorée où se reflète le coucher du soleil et il se met à penser à tuer des Noirs. C’est ce que je ressentais au sujet de Donald Trump en 1988. Je pense différemment aujourd’hui, car je suis plus vieux et que j’ai cette vision absurde de la politique. »

Pardon
« J’ai pardonné à mon père en écrivant Lunar Park. Ca a été une forme d’expérience mystique : quand j’ai écrit les trois dernières pages du livre, j’ai ressenti un poids s’évaporer, et toute ma peur, ma douleur et toutes les choses dont je le blâmais se sont changées en sympathie, en empathie pour lui. »

Leni Riefenstahl
« C’est dommage qu’il y ait eu si peu de femmes. Bien sûr, Leni Riefenstahl est une meilleure réalisatrice que les dix derniers réalisateurs à avoir reçu l’Oscar, mais c’est difficile à dire…Sauf qu’en fait D.W. Griffith, Sergueï Eisenstein et Leni Riefenstahl ont inventé le vocabulaire cinématographique tel qu’on le pratique encore aujourd’hui.

Le placard de verre
« Avant, j’évitais de le dire aux journalistes pour deux raisons : je ne trouvais pas que le fait d’être gay était ce qui me définissait principalement, et je ne voulais pas que cela définisse mes livres, qu’ils soient relégués à ce rayon. […] Mais je suis arrivé à un point dans ma carrière où ça n’importe plus. Par ailleurs, je n’ai jamais prétendu être hétéro, je n’ai jamais eu de girlfriend, je ne suis jamais sorti avec des filles juste pour faire croire que j’étais straight. J’ai toujours vécu dans un « placard de verre » : tous ceux que je connaissais savaient que j’étais homosexuel.

»

Laisser un commentaire