Harleen #1 : presque trop parfait

Toujours fan du nouveau « Black Label » de DC (la ligne de comics un peu plus chers, un peu mieux présentés et aux contenus un peu plus adultes), c’est avec une certaine impatience que j’ai ouvert ce Harleen, entièrement écrit et dessiné par Stjepan Sejic, et ce premier tome m’a tout à fait réjoui. 
 
 

 
Harleen, c’est bien sûr le « vrai » prénom de Harley Quinn, l’héroïne fantasque et délirante, souvent associée au Joker et au Suicide Squad. Cette mini-série est une nouvelle « origin story » du personnage; d’excellente facture. Je ne connaissais que peu le dessin de Sejic, très propre, très clair, très net, parfaitement travaillé, avec de très belles réussites sur la construction des planches et sur certaines illustrations en pleine page. Certains lui reprochent un côté trop propre, trop retravaillé sur ordinateur, et une colorisation informatique trop visible; je dois avouer que pour ma part la technique m’importe peu et que le résultat m’a convaincu. En témoigne par exemple la couverture, lisse, sophistiquée, presque trop parfaite (mais cela ne reflète-t-il pas l’état mental du personnage qui veut tellement bien faire ?); ou encore ces pages à la fois bizarrement délirantes et impeccablement réalisées.
Sur le fond, j’aime aussi ce Black Label parce qu’il donne le temps à des créateurs de haut niveau de travailler les idées, les personnages, en sortant du format de 24 pages et du rythme de production mensuel; et cela se sent particulièrement ici, où la construction psychologique, à vrai dire très instable, d’Harley Quinn, est longuement abordée dans les 60 pages de ce premier volume. Effectivement, on peut aussi reprocher le manque d’action et de baston à la série, mais à vrai dire il y a des titres qui sont faits pour ça; et se plonger dans les délices et les ténèbres de l’asile d’Arkham sans combat à chaque fin de page est une réelle satisfaction.
 
 

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