Ce week-end, à l’occasion d’une discussion lors d’un repas, on s’est remis en tête “La p’tite lady” de Vivien Savage, un tube frais et charmant des années 80. On l’a eu dans la tête toute la soirée, on en a chanté quelques extraits en rigolant, je l’ai ré-écouté sur Spotify…et là je me suis dit que quelque chose n’allait pas dans cette chanson, enfin dans ses paroles pour être précis, car musicalement c’est toujours aussi sympa.
Mais qu’est-ce que j’ai trouvé à ces paroles qui me semblait ne plus tenir la route aujourd’hui ?
D’abord, si l’on prend un peu de recul, le sujet de la chanson est un peu délicat . Une fille attend son train sur le quai de la gare St Lazare, un mec la regarde, ou plutôt la dévisage en détail, de la tête au pied, commente à peu près toutes les parties de son corps (le chapeau, les bottes, les collants, la jupe, le chandail…). Un vrai mateur quoi, bien lourd. De nos jours, on dirait hypersexualisation, et réduction au corps.
Non content de la regarder lourdement, la chanson c’est en fait un modèle d’emploi du harcèlement de rue, certes romancé et poétique, mais quand même. “Qu’est-ce qu’elle me veut la p’tite lady” ? Ben rien, elle attend son train, c’est toi qui commence à fantasmer. “J’peux pas rester sans la brancher” ben si, tu peux, elle t’a rien demandé, d’ailleurs dans la chanson absolument rien ne laisse à penser que la femme a ne serait-ce que remarqué la présence du chanteur, encore moins qu’elle serait ouverte à un échange avec lui. “J’vais pas te laisser dormir toute seule si t’es libre ce week-end”, aujourd’hui on entendrait ça quasiment comme une menace sexuelle.
Cette chanson a plus de 40 ans, et c’est assez fascinant de voir que ce que tout le monde considérait comme un “dragueur sympa” en 1983 serait immédiatement catalogué de “harceleur de rue” en 2026. Le regard de la société a changé sur cette situation et ce comportement. C’est un vrai progrès.

Pour référence, les paroles de la chanson (Paroles de Vivien Savage) :
Qu’est-ce qu’elle attend la p’tite lady gare Saint Lazare
Qu’est-ce qu’elle me veut la miss avec ses yeux d’renard
Derrière la voilette du chapeau avec une plume d’autruche
Pour faire plus beau
Hey gratte-moi la puce que j’ai dans l’dos
Mais qu’est-ce que j’vois, qu’est-ce que j’peux faire qu’est-ce qu’elle est belle,
La p’tite lady déguisée comme un arc-en-ciel
Avec ses bottes en peau d’serpent, ses collants rose fluorescents
Sa mini-jupe en skaï et comme ça swingue sous son chandail
J’vais m’dévisser à force de la r’garder
Il faut qu’j’lui dise que j’veux faire des bêtises
J’peux pas rester minable plus longtemps sans la brancher
Car elle a comme un p’tit chat sauvage dans les yeux
Qui ressemble à un tatouage que j’ai dans l’cœur
Y a pas d’erreur
Qu’est-ce que c’est fou, qu’est-ce que c’est chaud c’que tu dégages
Si j’te l’dis pas tout de suite j’aurais pas tes images
Mais j’vais pas laisser passer l’train
Pour ce genre de voyage j’ai peur de rien
Hé Hé Hé qu’est-ce que tu bouges bien.
On dirait qu’le monde est à toi quand tu t’promènes
Sur ce quai d’gare, Cendrillon, tu marches comme une reine
Dans les yeux ces types qui trainent avec leurs blouses de fin d’semaine,
Et comme j’t’imagine aussi givrée qu’une mandarine.
J’vais pas t’laisser partir avec un légionnaire en perm
J’vais pas t’laisser séduire par le premier marin qui traîne
J’vais pas t’laisser dormir tout seule si t’est libre ce week-end
Car tu as comme un p’tit chat sauvage dans les yeux
Qui ressemble au tatouage
J’vais pas t’laisser partir avec un légionnaire en perm
J’vais pas t’laisser séduire par le premier marin qui traîne
J’vais pas t’laisser dormir toute seule si t’es libre ce week-end
Car tu as comme un p’tit chat sauvage
J’vais pas t’laisser partir avec un légionnaire en perm
J’vais pas t’laisser séduire par le premier marin qui traîne
J’vais pas t’laisser dormir toute seule si t’es libre ce week-end
Car tu as comme un p’tit chat sauvage dans les yeux
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