Si vous voulez connaître la saveur des myrtilles, interrogez le petit vacher ou la gélinotte. C’est une erreur grossière pour qui ne les cueillit point, de s’imaginer qu’il a goûté des myrtilles. Jamais une myrtille ne va jusqu’à Boston; on ne les y connaît plus depuis le temps où elles poussaient sur les trois collines. Le goût d’ambroisie et l’essence du fruit disparaissent avec le velouté qu’enlève le frottement éprouvé dans la charrette qui va au marché, et ce devient simple provende.
Henry David Thoreau, « Walden ou la vie dans les bois », chapitre « Les étangs »
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