Möbius, par Eric Rochant

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Möbius, le film du retour d’Eric Rochant – et 1er vrai Dujardin post oscars, échoue à convaincre totalement malgré quelques beaux passages.

Il faut bien dire que, sans voir du OSS117 partout, il est particulièrement difficile de croire en Dujardin en espion russe ancien membre de la mafia. Et si le personnage de tradeuse de Cécile de France est plus crédible que ne le prétendent certains critiques, c’est surtout la cohérence psychologique de leur coup de foudre (1 dragouille en boîte, une bonne nuit de cul et l’affaire est entendue) qui peine à nous convaincre de la part de 2 êtres censés être profondément endurcis par la vie, et tout au moins aptes à prendre une certaine voire une très grande distance avec leurs sentiments.
Partant de là, l’histoire se déroule tranquillement et avec un certain plaisir; dans un Monaco ou un Moscou de pacotille qui conviennent parfaitement à l’affaire. La mise en scène est quand même plus que paresseuse, et ne relève vraiment le niveau qu’à de trop rares occasions (la séquence du téléphone dans le taxi à Moscou, les dialogues sur l’oreille des 2 acteurs…) ; et on a à faire à trop de poncifs pour que vraiment le film ne décolle (les disputes entre services secrets américains, le méchant popov qui tire les ficelles sur son yacht…). On se réjouira en revanche que Rochant n’ait pas jugé bon de nous infliger scènes d’action ou poursuite automobile sur la corniche, qui aurait sans doute achevé de rendre le film indigeste.
De même au moins évite-t-on un happy end trop larmoyant et le film garde sa cohérence sèche et réaliste jusque au bout.

GQ, plutôt sévère, y voit une “bluette d’espionnage”, “plombée par des dialogues approximatifs et dont “la mise en scène peine à insuffler une dimension romanesque à l’ensemble”.
http://www.gqmagazine.fr/pop-culture/cinema/articles/moebius-retour-discret-pour-jean-dujardin/17894

Première juge le film réussit, et s’il apprécie un “thriller implacable”, il retient surtout ces “moments d’intimité où la caméra s’approche au plus près de Cécile de France et de Jean Dujardin pour, littéralement, regarder leurs corps tomber amoureux – la sensualité qui s’en dégage est hors du commun”

http://www.premiere.fr/film/Moebius-1487409/(affichage)/press

Télérama, évidemment dubitatif, note néanmoins quelques scènes réussies, comme la lutte et le meurtre dans l’ascenseur; et la rencontre finale dans le restaurant. Pierre Murat se plaint aussi du happy-end forcé. On n’a pas dû voir le même film pour le côté “happy”.

http://www.telerama.fr/cinema/films/mobius,437800.php

Le film est “à voir” pour Thomas Sotinel du Monde. Il est assez convaincant quand il remarque que Dujardin “trimballe, à son corps défendant, une image cinématographique aussi forte (et encombrante) que des aînés prestigieux. Cette image s’interpose entre l’acteur et son personnage”. Il souligne que la scène de leur rencontre est “filmée avec une élégance rare, dans le décor clinquant d’une boîte de nuit de la Côte d’Azur, faisant naître une mélodie inattendue dans le déchaînement de vulgarité sonore et visuelle”.

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/26/mobius-le-film-d-espionnage-facon-eric-rochant_1839088_3246.html

Enfin, Louis Blanchot, dans Critikat, assassine proprement le film et son metteur en scène: “on n’y croit pas une seule seconde”; “Möbius n’est ni bon ni mauvais : il n’existe pas”; “Cécile de France, déjà, est aussi crédible en tradeuse glamour que Dujardin en espion russe (et réciproquement) “; “la mise en scène accuse une étrange anémie, suintant la virtuosité besogneuse”. N’en jetez plus, la cour est pleine !

http://www.critikat.com/Mobius.html


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