« Villain month » Justice League of America : 2 bonnes surprises sur 4 titres

Le mois de septembre 2013 était donc le « villain month » chez DC, où les plus méchants super-villains prenaient la place des héros dans les titres réguliers. Cerise sur le gâteau : des couvertures 3D, d’un kitsch éhonté, ornaient certains numéros (ici, le 7.4 Black Adam). Dans l’ensemble, l’initiative a été accueillie plutôt froidement, car ces numéros n’avaient pas tous un grand intérêt, et en général comme ils ne s’intégraient pas dans la continuité du titre, ils ont été sous-traités à des équipes créatives de seconde zone.

Pour Justice League of America, DC a mis les petits plats dans les grands : pas moins de 4 titres dans le mois (ça fait 4 fois plus de ventes pour ceux qui sont abonnés au titre…). Et, à ma grande surprise, le résultat était plutôt intéressant.

On passera vite sous silence le 7.3 Shadow Thief, où Tom DeFalco et Chad Hardin n’arrivent absolument à nous intéresser à un super vilain incompréhensible et sans charisme.

Le 7.2 sur Killer Frost est déjà plus engageant. Le trait vintage ( à la Dave Gibbons) de Derlis Santacruz se découvre avec plaisir, et l’histoire de Sterling Gates dépasse le simplisme habituel, et arrive à nous faire entrer dans la psyché du vilain, bien joué.

Le 7.4, avec Geoff Johns himself au scénario (aidé par Sterling Gates), s’inscrit directement dans un contexte contemporain de terrorisme moyen-oriental, et de manière pas trop niaise. Certes, ce n’est pas l’analyse géopolitique du siècle, mais ça donne un ancrage « réel » très bienvenu. Edgar Salazar au dessin fait le taf, sans plus.

Enfin, le 7.1 sur Deadshot, écrit par Matt Kindt, est une belle réussite. Les séquences du passé (dessinées par Carmen Carnero et Bit), sur l’histoire familiale tragique de Deadshot, sont assez dramatiques et crédibilisent l’explication de sa motivation présente. Les séquences d’aujourd’hui présentent une jolie ligne claire, technologique et épurée (par Sami Basri et Keith Champagne). Cerise sur le gâteau, le numéro n’est pas hors continuité et s’inscrit en lien avec Suicide Squad, série sur laquelle on reviendra.

Au global, si l’initiative reste peu convaincante et teintée d’un mercantilisme éhonté, elle est aussi l’occasion de raconter de pures et simples histoires, déconnectées des enjeux lourds d’une série régulière, et c’est parfois appréciable…


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