Rick Remender est un des scénaristes star de chez Marvel; il a notamment en charge la série « Uncanny Avengers », « All-New Captain America » et a été derrière l’avant-dernier event « Axis ».
Comme il se doit, il produit aussi ses propres créations, ici chez Image, pour ce »Deadly Class » atypique, attachant, et ambivalent.
Le pitch aurait pu donner à penser qu’il s’agirait d’une banale série teenage action, avec cette histoire d’école réservée aux futurs meilleurs assassins du monde. Mais dès le 1er arc (#1-5), on sent que l’ambition de Remender est tout autre. Après 1 ou 2 numéros d’introduction, voici le cast d’assassins teenagers en vadrouille à Las Vegas, où en raison d’une consommation massive de drogue rien ne se passe comme prévu et tout bascule vraiment dans le drame. On est étonné du ton noir, de la vision amère de la société, mais aussi d’une réelle sensibilité aux tourments adolescents, l’un agrémentant l’autre bien évidemment.
Dans le 2ème arc, les conséquences de cette virée dramatique à Vegas se font sentir, mais Remender en profite pour rentrer dans l’histoire de chacun de ses héros, de leurs fêlures et de leur parcours, et nous fait partager plus encore leurs sentiments incandescents – et leurs échec retentissants, le tout toujours sur fond de crime et de violence.
Signalons aussi que Remender attache une grande importance à la bande son, qu’il livre une playlist à la fin de chaque numéro, et que ces épisodes sont très référencés années 80 puisqu’ils sont censés de dérouler de 86 à 88 pour ces arcs.
Saluons aussi le très beau travail graphique de Wesley Craig, encré par Lee Loughridge, qui offrent un pendant tout à fait cohérent au scénario de Remender, à savoir un trait noir, racé, speed, toujours pointu; et en prime une mise en page très soignée, inventive, expressive; avec à la fois ce côté vintage référencé années 80, mais très actuel en même temps.
Au global, la série est de qualité; on est content de savoir que Remender envisage de continuer à développer ces personnages pendant encore longtemps, même si de mon point de vue la violence de la série est parfois un peu trop complaisante et ne sert parfois à pas grand chose, et que la perspective psychologique de l’auteur est de temps en temps inutilement noir et dépressive.
Néanmoins, la grande qualité de la narration et de l’expression ne peuvent que m’amener à en recommander la lecture.
PS : la lecture des numéros suivants a un peu modifié mon point de vue, voir l’article ici




Laisser un commentaire