C’est ce qui m’est immédiatement venu à l’esprit à la lecture – un peu tardive – de The Wake : si Jules Verne écrivait des comics, ça ressemblerait probablement à ça. Le compliment n’est pas mince, mais cette série le mérite amplement. Ce n’est pas un hasard si la série vient de 2 des plus grandes stars actuelles du comics, Scott Snyder au scénario d’une part – qui officie principalement sur la série Batman (voir mes chroniques de tome 1 et 2), et Sean Murphy d’autre part, qui après un Punk Rock Jesus unanimement loué a aussi sortie un Chrononauts avec Mark Millar cette année.
Du Jules Verne, car le récit a de l’ampleur, un vrai souffle qu’on trouve rarement dans les comics, il tient la durée (10 numéros…); il nous propose une galerie de personnages bien campés auxquels on s’attache, et bien sûr à la base un récit basé sur la science et l’aventure, mais aussi la découverte, l’action et même un peu l’horreur. En l’occurrence, sans déflorer l’intrigue outre mesure, tout commence dans une station sous-marine où une sorte de créature des mers a été capturée un peu par hasard, sorte de sirène effrayante sortie de nulle part…
Mais le récit ne s’enferme pas dans une classique histoire d’horreur/action; on est saisi par l’ampleur et l’appétit de Scott Snyder à mélanger les genres, à élargir toujours plus les enjeux, les personnages et la temporalité; très inspiré, il nous emporte jusqu’au bout de sa vision avec une force et un enthousiasme peu commun.
Evidemment, le dessin de Sean Murphy, l’auteur de l’inoubliable Punk Rock Jesus (on retrouvera mes chroniques enthousiastes de l’époque là, là ou encore là) , fait beaucoup dans la puissance d’évocation et dans la force du récit. Très à l’aise dans la diversité des genres abordés, maître des compositions compliquées mais aussi des visuels frappants; la vigueur de son trait ne se dément jamais; et pour lui aussi on ne peut que reconnaître la force de son talent à rendre vivant et crédible cet univers si particulier.
La qualité du trait donne tellement de force au récit qu’on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression d’avoir sous les yeux le storyboard d’un blockbuster hollywoodien à la Prometheus ou Abyss…On fait pire comme référence 🙂
Un lecture donc plus que chaudement recommandée, qui de plus existe aussi en VF 🙂





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