La légende des Pendragon, Antal Szerb : un vrai bijou !

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Il aura donc fallu cette semaine de vacances à Budapest et cette coutume, maintes fois appliquée, de découverte de la littérature locale, pour que je tombe, à vrai dire par le plus grand des hasards dans les rayons de ma librairie roubaisienne Les Lisières, sur ce petit bijou qu’est « La légende des Pendragon » d’Antal Szerb

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Datant de 1934, le livre de Szerb se présente au 1er abord comme un « roman gothique », avec château au Pays de Galles, lignée des comtes de Pendragon, un mystérieux cavalier noir, des légendes celtiques, une conspiration contre d’étranges ennemis, j’en passe et des meilleures. Mais c’est aussi – dès 1934 – une parodie de ces contes, une galerie de personnages fantaisistes et à vrai dire follement attachants, un art de la digression qui n’est pas sans rappeler l’Umberto Eco du Pendule de Foucault et son goût pour le mysticisme. Et un style vif, malicieux, parfois ampoulé mais à dessein, pas avare de punchlines, bref un style qui pétille.

On se souviendra donc longtemps du héros hongrois (ça sonne presque comme une excuse baroque alors que l’auteur lui-même est hongrois, dans un roman qu’on prendrait sinon pour so british !), le Dr. Batky, du comte de Pendragon, hiératique et impressionnant, et surtout de son fils Osborne, de sa soeur la délicieuse, évanescente et peu nunuche Cynthia; pour ne citer que les principaux.

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Ce roman, le 1er des 3 qu’Antal Szerb a écrit, est donc une merveille de légèreté, d’esprit, d’ironie; tout en proposant des personnages attachants et atypiques.

Bien que ses parents se soient convertis au catholicisme, il sera considéré dans la Hongrie de la 2ème guerre mondial comme juif, ses oeuvres censurées, sa revue interdite; il ne pourra plus exercer comme professeur et sera finalement déporté dans un camp de travail forcé à  Balf, où il meurt sous les coups des soldats le 27  janvier 1945.


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