Relire les classiques, c’est toujours une bonne idée, dans les comics comme ailleurs. Alan Moore c’est aujourd’hui un des papes des comics, auréolé de Watchmen, Killing Joke, Swamp Thing et bien d’autres encore. Et, en 1986, ce qui m’avait d’ailleurs jusqu’à présent totalement échappé, c’est à lui que DC confie le soin d’écrire les 2 derniers épisodes de Superman avant le reboot de Crisis on Infinite Earths, et l’arrivée de John Byrne sur le titre.
Et mazette, que c’est bon de voir un grand auteur s’attaquer à Superman. En 3 pages, il y a plus d’idées dans le Superman Annual #11 que dans une année complète des All-New X-Men de Bendis ! A l’époque, la « décompression » n’existait pas, et Moore fait avancer son récit, ses remarques, ses rebondissements, la psychologie des personnages, à une vitesse et avec une finesse et une profondeur hallucinantes.
On apprécie aussi la maestria étourdissante de son Action Comics #583 et Superman #423 (« un dyptique qui est une pure merveille » pour José Maniette dans Universcomics…), où il réussit l’exploit de clôturer, pour de vrai, l’histoire de Superman sur Terre, sans artifice, avec élégance, émotion, humour même. On regrette presque qu’il se soit tant éloigné du comics mainstream et on aimerait tant qu’il y revienne pour nous donner à nouveau des épisodes d’une telle qualité.
Epoque oblige, les dessins de Curt Swan et de Dave Gibbons paraissent un peu datés mais font preuve d’une rigueur de construction et d’exécution tout à fait remarquable; le Rick Veitch du DC Comics Presents #85 avec Swamp Thing est lui un peu plus baroque, presque 70s à vrai dire, et je dois avouer une vraie faiblesse pour son style.
Au global, une lecture quasi incontournable pour les amateurs du genre, et un grand bravo à Urban Comics pour cette anthologie aux petits oignons 🙂




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