La Sorcière Rouge, ou ces comics indies des majors

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La Sorcière Rouge, c’est un parfait exemple de ces séries que sortent les 2 grands éditeurs, Marvel et DC, pour aller braconner sur les plate-bandes des éditeurs indépendants, à la Image.

Des séries qui utilisent bien sûr des personnages connus de l’univers, mais qui les traitent à la sauce adulte, avec de vrais parti-pris d’auteurs, des couvertures ambitieuses, des dessinateurs à l’écart des standards. Souvent, d’ailleurs, les histoires ne sont pas reliées à l’actualité de l’univers partagé (les Civil War II du moment); et font peu appel aux habituels bastons et crossovers.

Ainsi, Matt Fraction et David Aja nous avaient proposé une superber relecture de Hawkeye; Moon Knight vient de démarrer, et ce Sorcière Rouge (Scarlet Witch en V.O) revient sur un des personnages à la fois les plus intéressants et les plus sous-utilisés de l’univers Marvel.

Le maître Bill Sienkiewicz s’est fendu d’une couverture, c’est dire si le projet a de la crédibilité artistique 😉
Oh, le personnage n’est pas simple; entre une carrière de 40 ans chez les Avengers, mais surtout une santé mentale fragile et un génocide mutant qui lui est imputable, difficile de trouver le personnage sympathique et de s’identifier.
Pourtant, James Robinson relève le défi, et commence à nous faire partager la vie solo de Wanda Maximoff, parfaitement conscience de son passé, de ce que l’on pense d’elle, de sa nature profonde de sorcière; et qui justement doit faire face à une utilisation maléfique de la sorcellerie qui sera sans doute le fil rouge de ce run.

Peut-être pour souligner sa personnalité contrastée, peut-être pour proposer aux lecteurs une variété d’interprétation, pas moins de 5 dessinateurs se partagent ces 5 numéros. Une Vanesa Del Rey élégante et racée, au trait proche de l’esquisse. Un Marco Rudy proche de la peinture, aux compositions ambitieuses et sophistiquées, pour moi remarquables. Steve Dillon et Chris Visions, aux styles diamétralement opposés; et un Javier Pulido dont la ligne ultra claire fait merveille sur un épisode quasiment muet.

Un gros gros recommandé donc, pour une série qui suit malgré tout son chemin et dont on peut attendre beaucoup.

Un avis très positif aussi pour Les chroniques de l’invisible, et sur le Progrès.fr


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