Wonder Woman : Dead Earth t1, la force d’un personnage et d’un style

Le propre des grands personnages de BD, c’est qu’ils ont assez de force pour exister dans beaucoup d’univers différents, et continuer à délivrer un message, à avoir une présence, à faire passer quelque chose.

une couverture déjà bien intrigante, et loin des standards habituels de Wonder Woman

C’est sans aucun doute le cas de Wonder Woman. On la connaît déesse guerrière, on l’a suivie copine de Superman, elle était l’héroïne d’un run remarquable qui la replaçait dans un panthéon de dieux modernisés, elle sera bientôt la star d’un film Wonder Woman 84 qui jouera sur son côté vintage.

La nouvelle proposition de Daniel Warren Johnson, dans ce « Dead earth », laisse tomber tous ces aspects mythiques et divins. Diana se réveille dans un futur incertain où, semble-t-il après une catastrophe nucléaire, la terre est ravagée et quelques humains tentent péniblement de survivre face à des monstres mutants. Une sorte de monde à la Mad Max médiéval.

dès les premières pages, Warren Johnson impressionne par son sens des compositions et la puissance de son style

Diana se souvient à peine de qui elle est (on ne doit pas utiliser « Wonder Woman » une seule fois dans tout ce tome). Elle a perdu la plupart de ses pouvoirs. Elle retrouve un vieux costume et accompagne ses compagnons d’infortune.
La suite est assez surprenante, et tient à la fois du récit de SF déglingué, de la lutte contre les zombies, des jeux du cirque, du gore et de l’horreur, avec bien sûr une pincée de comics avec une ennemie bien connue de Wonder Woman, et ce rêve d’un Thémyscira comme paradis perdu…

Le dessin de Warren Johnson, dont je ne connaissais pas le travail auparavant, est parfaitement adapté à ce récit. Son style est sombre, noir, brutal, mais aussi avec un réel sens des compositions, des panneaux qui font mouche, et il ne recule pas devant des planches gore voire sanguinolentes, toutefois sans sadisme excessif. Il est incisif, sait ne pas être détaillé quand ce n’est pas nécessaire, mais avec néanmoins un joli sens de l’esquisse. Pas forcément mon style favori, mais l’adéquation au propos et le sens du détail m’ont convaincu.

l’artiste ne recule pas devant des effets graphiques musclés…

Bref, une nouvelle fois, comme pour Harleen ou The Question, le DC Black Label continue de séduire, en proposant une vision personnelle d’artiste sur les personnages de DC, et je suivrai certainement les tomes suivants de cette mini-série.

Daniel Warren Johnson en interview


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