In Memoriam Patrick Juvet (iii) : Où sont les femmes, la réinvention prodigieuse

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Patrick Juvet n’aurait pu rester qu’un « chanteur à minettes », comme il se qualifiait lui-même parfois, parmi tant d’autres. Certes parfois très inspiré (voir mon post sur La Musica), parfois auteur pour d’autres comme le Lundi au Soleil de Claude François, dans son créneau entre Volksmusik à la française et mélodiste populaire.


C’est sans compter l’ennui et les rencontres. L’ennui qui lui donne envie d’aller voir ce qui se passe aux Etats Unis. Les rencontres qui lui font croiser le chemin de Jean-Michel Jarre. De tout cela naîtront plusieurs titres magnifiques, mais surtout la tube majeur de la carrière du chanteur, celui pour lequel il aura définitivement intégré le Panthéon de la chanson française : « Où sont les femmes » ?


C’est un mélange explosif d’air du temps avec un thème sur l’identité féminine en plein milieu des revendications féministes des années 70, d’air du temps encore avec une pleine et entière intégration de la vague disco dans la variété, mais aussi une production rutilante et encore aujourd’hui qui frappe par son efficacité et son inventivité ( le glissando de l’introduction, la mise en avant de la voix de tête, la rythmique qui gigote pendant tout le titre), et bien sûr le texte malin de Jarre, qui surprend parfois (« font parfois un enfant…par hasard ») ou déroute « elles ont dans le regard quelque chose d’un robot qui étonne même les miroirs »).


Bref, après ce tube, Patrick Juvet passe à un autre stade, et enchaînera pendant quelques années tubes disco sur tubes disco. On lui préfèrera néanmoins cet effort original à un « I love America » un peu fade ou un « Lady Night » manquant de substance.


à retrouver aussi l’In Memoriam i sur Rêves immoraux et l’In Memoriam 2 sur La Musica.


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