Captain America #1 (2025) : un retour glacé plein de promesses

🇺🇸 Captain America #1 (2025) – Déroutant, mais prometteur

Le début du run de Chip Zdarsky sur Captain America frappe fort : à la fois déroutant et plein de promesses. Déroutant, parce que – comme beaucoup sans doute – je ne suis pas à jour sur les derniers bouleversements de l’univers Marvel mainstream. Et me voilà face à un Steve Rogers tout juste dégivré… littéralement.

Cela ne fait qu’une semaine qu’il est revenu dans notre monde contemporain. Et cette situation le rend plus que jamais fidèle à son surnom de man out of time. Ce Cap-là ne connaît rien à nos usages actuels, et Zdarsky joue habilement de ce décalage. Dès ce premier numéro, plusieurs scènes appuient cette fracture temporelle, tout en rappelant ce qui fait la force intemporelle du personnage.

Ce premier épisode revisite aussi des éléments un peu poussiéreux du lore, comme les Howling Commandos, ici évoqués de manière inattendue. On sent que Zdarsky va puiser dans les racines du personnage pour les réinterpréter. Un classique chez Cap, mais ça fonctionne ici avec une fraîcheur certaine.

Enfin, comme souvent dans les runs emblématiques du héros, un nouveau « Cap » fait son apparition. Une version contemporaine, en miroir de Steve, mais avec une origine similaire : un frêle jeune homme qu’un programme militaire a transformé. De quoi relancer le débat éternel sur ce que représente Captain America.

Le dessin est signé Valerio Schiti, l’un des grands noms du comics mainstream actuel. Habitué des séries Marvel d’envergure (Empyre, Iron Man, S.W.O.R.D.), Schiti maîtrise parfaitement les codes graphiques de la maison : narration fluide, mise en scène dynamique, visages expressifs. Son trait, précis sans être froid, épouse bien le rythme posé que Chip Zdarsky imprime au récit. Les deux auteurs semblent déjà en pleine synergie, offrant une lecture claire, bien rythmée, et jamais confuse malgré les allers-retours temporels ou les enjeux multiples qui s’installent.

On pourrait regretter, toutefois, l’absence dans ce premier numéro de pleines pages vraiment iconiques, de celles qui marquent d’emblée la mémoire visuelle du lecteur. C’est beau, c’est bien fait, mais pas encore inoubliable. Reste à espérer que l’artiste, souvent brillant sur le long terme, aura plus de place pour briller dans les numéros à venir.

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