Matt Kindt et le futur probable TPB dont il s’agit ici. Matt Kindt a ce profil
rare d’être à la fois un créateur de bandes dessinées (au sens large du terme)
reconnu en tant que tel (son graphic novel « Deux sœurs » avait été
remarqué à sa sortie), mais aussi de contribuer à l’industrie des comics, soit
en tant que scénariste (bizarrement, Frankenstein chez DC ces temps-ci) ou par
des on-goings comme cette nouvelle série chez Dark Horse.
que cette série est remarquable, par de multiples aspects.
D’un point de vue pratique déjà, et Matt Kindt s’en explique dès le premier
numéro, il n’est pas familier des comics en single, et a donc pour but d’essayer
de nous donner des raisons d’acheter la parution mensuelle et non pas d’attendre
le TPB. Conséquence : bonus sous forme de courtes histoires sur les pages
intérieures de couverture ; bonus sur la 4ème de couv par de
fausses publicités, et je pense aussi que la papier jaunâtre ne sera pas celui
du TPB et fait pleinement partie du projet.
des artistes de comics super héroïques habituels, on est plutôt dans les canons
de la BD d’auteur à l’européenne – et on ne s’en plaindra pas. La composition
des pages est superbe, le détail qu’il arrive à faire passer dans des cases
relativement sobres est étonnant ; et il y a de superbes pages complètes
que je me damnerai bien pour avoir en version originale J (les pages originales « normales »
sont à 175 $ sur son site, alors ces pages là…). Je note aussi des couvertures
de toute beauté, parfois déroutantes comme le dauphin en gros plan du n°4 dont
on ne voit qu’un peu plus tard le message, ou qui amènent à réfléchir comme les
réflexions dans les lunettes du personnage du n°3, ou les idées simples mais
redoutables comme les cicatrices du portrait du n°2…
scénario, touffu, obscur et retors à souhait. A la fin des 2 premiers numéros
on ne comprend toujours pas de quoi il retourne, mais on s’est quand même pris
à l’histoire et à ses côtés mystérieux et horrifiques. Puis ça commence à s’éclaircir
dans les numéros 4 et 5, et l’explication du numéro 6 n’en est pas
vraiment une et nous laisse de nombreux points à réflechir, et donne une
furieuse envie de tout relirer pour voir comment tout cela s’agence. En plus,
les liens se font avec les histoires bonus de fin de numéro ; on voit
vraiment qu’il s’agit d’un tout cohérent, bravo à l’auteur. On ne voit pas trop
quelle problématique va pouvoir transformer cet arc introductif en série récurrente,
mais on meurt d’impatience de voir ce que Kindt va nous proposer à ce sujet.
histoire ambitieuse, confuse et palpitante : un gros check !
Revue de web :
Une intéressante interview dans Multiversity Comics, où Kindt précise – entre autres – qu’il a déjà en tête l’histoire complète qui devrait se dérouler sur 36 numéros – chic, encore 2 ans et demi!
http://multiversitycomics.com/columns/minding-mind-mgmt-a-chat-with-matt-kindt-interview/
Greg McElhatton, critiquant le n°4 pour CBR, note que Kindt commence à donner quelques clés juste au bon moment, et que le tout est une « expérience immersive » et « a terrific installment ».
http://www.comicbookresources.com/?page=user_review&id=5078
Enfin, comme Kindt est un artiste crossover, Slate (avec qui il contribue) consacre un articulet à la série et loue notamment « an instantly evocative watercolor-and-pen art »
http://www.slate.com/articles/arts/books/2012/06/mind_mgmt_by_matt_kindt_reviewed_.html


Laisser un commentaire