Les historiens de garde

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par

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de William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin; aux éditions Inculte

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Oh le joli pamphlet que voilà ! Comme on les aime : court, vif, efficace, documenté, avec ce qu’il faut de mauvaise foi et d’acidité, mais au service d’une vraie thèse, et qui la défend brillamment.

Au départ, on sent bien qu’ils ont été plus qu’énervés par le succès de librairie et médiatique de Lorant Deutsch et de son « Métronome ». Tellement énervés qu’ils consacrent 4  chapitres (sur les 6  de l’ouvrage) à démonter son argumentaire, son dispositif scientifique, ses présupposés idéologiques, ses liens politiques, ses connections médiatiques…Rien ne trouve grâce à leurs yeux et, il faut bien le dire, ils font souvent mouche. On s’étonne d’ailleurs qu’il ait fallu attendre ce livre pour trouver une vraie charge contre l’acteur « historien », tellement il semble prêter facilement le flanc à la critique.

Echauffés par ces banderilles, les 3 auteurs élargissent leur propos, de manière assez élégante et convaincainte, aux tenants du « roman national » d’une part, y compris Bainville, Jean Sévillia, Sacha Guitry, le Castelot/Decaux de la Caméra explore le temps, ou le Puy du Fou, et d’autre part à la nouvelle garde des historiens médiatiques, à la Franck Ferrand et Stéphane Bern, ou encore Eric Zemmour et Dimitri Casali.

Ils prônent dans une conclusion judicieuse et sensée une histoire qui sache éviter la tentation du « roman national », de droite comme de gauche, voire du « roman européen », mais qui au contraire réhabilité l’histoire comme discipine de savoir, ouverte sur le monde, ouverte à la critique, sans doute plus ouverte à la société, ayant moins peur du débat, de la vulgarisation mais aussi de la pédagogie sur ses méthodes et ses principes. On ne saurait dire mieux.

Cerise sur le gâteau, quelques conseils de lectures dans la bibliographie dont on n’a qu’une hâte : démarrer la lecture. 


Commentaires

Une réponse à « Les historiens de garde »

  1. Le concept “‘L’histoire de garde” vient aussi des Chiens de garde de Paul Nizan et des Nouveaux Chiens de garde de Serge Halimi ? D’après ce que tu en dis, des historiens médiatiques qui ont une forte influence sur l’opinion publique, ça m’a l’air d’en être un rappel.

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