Letter 44, voilà une série qu’il faut aller chercher. L’éditeur, ONI Press, est franchement marginal (je crois que c’est la première fois que j’achète une de leurs séries); le scénariste Charles Soule commence à avoir une petite notoriété notamment grâce à Swamp Thing chez DC mais n’est pas vraiment une star, et le dessinateur Alberto Jimenez Alburquerque était pour moi totalement en dessous du radar.
Ce qui m’a convaincu d’essayer la série, c’est le pitch : le président élu des Etats Unis, lors de son entrée en fonction, trouve une lettre de son prédécesseur (la Lettre 44), qui lui apprend que la NASA a détecté il y a quelques années une implantation extra terrestre entre Mars et Jupiter, qu’une mission ultra secrète avec plusieurs astronautes à bord y a été envoyée, et qu’ils y arrivent bientôt. Un pitch carré, classique, original, très hard science fiction; mais que Charles Soule développe avec bonheur. Sa description de l’entrée en fonction est réaliste, de même que son premier conseil de sécurité. Bien sûr il y a encore beaucoup de zones d’ombres, et Soule s’amuse à lancer des fils d’intrigue dans plusieurs directions.
CBR trouve dans sa critique (http://www.comicbookresources.com/?page=user_review&id=6558) que l’épisode est trop bavard; pour ma part j’ai trouvé une exposition certes un peu didactique mais bien menée.
Le point faible de la série, ce sont les dessins d’Alburquerque. Si leur aspect un peu schématique peut avoir du charme, il n’impressionne pas vraiment sur les séquences spatiales; et surtout la précision de son trait est faible. On a parfois du mal à distinguer les personnages qui se ressemblent tous. La colorisation n’est pas non plus extraordinaire, on en garde une impression de tons un peu glauques et délavés.
Un bilan en demi-teinte donc. On continue à suivre la série pour encourager l’éditeur et pour le pitch qui tient pour l’instant ses promesses. Des améliorations graphiques seraient urgemment bienvenues.



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